Maalbeek
Le 22 mars 2016, une bombe a explosé à la station de métro Maalbeek à Bruxelles. Sabine était là. Elle a survécu, mais elle ne se souvient de rien. Sa mémoire de l'événement est fracturée, incomplète, contradictoire. Il n'y a pas de témoignage stable, pas d'image fiable de ce qui lui est arrivé.
Le film ne tente pas de reconstituer l'attentat. Il représente plutôt la forme d'une absence. À travers des nuages de points, un son fragmenté et l'érosion lente des formes reconnaissables, il fait ressentir au spectateur ce que c'est quand le passé refuse de se constituer en un récit unique. La mémoire n'est pas rejouée. Elle est ressentie comme une blessure qui ne cesse de se déplacer.
Maalbeek est un film sur l'impossibilité d'accéder à sa propre expérience. L'impossibilité devient génératrice : c'est parce que Sabine ne peut pas se souvenir que le film existe sous cette forme. Le dispositif a été inventé pour être fidèle à sa condition.
Technique
- Format 4K, 16:9, couleur
- Durée 16 minutes
- Année 2020
Crédits
- Réalisation / Scénario Ismaël Joffroy Chandoutis
- Son Alban Cayrol
- Montage Ismaël Joffroy Chandoutis
- Producteur Films Grand Huit (Lionel Massol)
- Distribution Agence du court métrage
"Un mélange de témoignages et d'images d'archives figure cette enquête douloureuse, d'autant plus poignante qu'elle évoque un voyage hors du corps, comme de ceux faits aux portes de la mort. L'écran s'y dissipe souvent en brume pointilliste mais quelque chose d'essentiel y persiste : l'émotion."
— Léo Soesanto, Semaine de la Critique du Festival de Cannes
"Ismaël Joffroy Chandoutis continue son exploration de notre rapport contemporain aux images. [...] Comment fait-on sens quand la mémoire nous fait défaut ? Comment se reconstruire à partir d'un puzzle incomplet de notre vie ?"
— Festival International du Film Indépendant de Bordeaux (FIFIB)
"Maalbeek témoigne d'une maîtrise parfaite du médium audiovisuel pour retranscrire un état mental perturbé. À travers ce court métrage documentaire, Chandoutis parvient à créer un espace où les images ne sont plus seulement un reflet du réel, mais une manifestation de l'effort d'une mémoire brisée cherchant à se reconstruire. Le film joue avec les codes du documentaire pour questionner notre rapport à l'image et à la technologie dans un monde où tout semble pouvoir être archivé, sauf le trauma personnel."
— Institut français
"Ce court métrage signé Ismaël Joffroy Chandoutis a de quoi déstabiliser, aussi bien par le sujet abordé que par son traitement. Si comme moi avant la projection, le titre ne vous évoque rien de particulier, il est certain que vous ne l'oublierez pas de sitôt."
— SensCritique
"L'approche unique de Maalbeek, qui refuse d'illustrer frontalement l'événement traumatique, en fait un film profondément humain, une exploration sensible des non-dits et des images manquantes qui hantent notre mémoire collective."
— Unifrance
"Faire des films, c'est désamorcer la peur."
— Télérama