Un jeune homme a créé plus d'une centaine de personas en ligne depuis sa chambre en Floride. Il était simultanément un suprémaciste blanc, un islamiste radical, une blogueuse féministe, un troll du GamerGate. Le FBI l'a arrêté en 2015.
Joshua est le premier habitant de l'espace latent.
Joshua Ryne Goldberg a vécu toute son adolescence en ligne. Depuis une seule chambre à Orange Park, en Floride, il a construit une constellation d'identités fictives si convaincantes qu'elles ont mobilisé de vraies personnes, de vraies institutions, une vraie violence.
Il était Michael Slay, un suprémaciste blanc australien. Il était Tanya Cohen, une militante progressiste. Il était Australi Witness, un sympathisant de l'État islamique. Il avait plus d'une centaine de personas, chacune habitant son propre recoin d'internet.
En septembre 2015, le FBI l'a arrêté. Il avait 20 ans. Il n'avait jamais quitté la maison de ses parents.
The Goldberg Variations est un long métrage hybride qui enquête non seulement sur qui était Joshua, mais sur ce que son histoire révèle de la nature de l'identité à l'ère des médias synthétiques.
Ils ne restent pas séparés. Ils se contaminent mutuellement.
"Il mute, invente, se réinvente en permanence — comme le T-1000 dans Terminator 2, du métal liquide prenant n'importe quelle forme. Il est latent."
Le film utilise les mêmes outils que Joshua utilisait pour fabriquer ses identités : l'IA générative, les médias synthétiques, l'espace latent lui-même.
Quand un modèle est nourri avec les traces de Joshua et génère un visage qui n'est aucun de ses personas et tous à la fois, cette image n'est pas un mensonge. C'est un document de multiplicité.
La mise en scène de ce film est la mise en scène du peut-être : ce qui pourrait être vrai, ce qui a été performé comme vérité, ce que la machine rêve quand elle est nourrie avec les traces d'une personne qui était déjà, dans la vie, un modèle génératif.
La recherche se déroule en Floride, où Joshua vivait, et à travers les territoires numériques qu'il habitait.
L'intelligence artificielle n'est pas utilisée comme un outil d'efficacité. C'est un collaborateur qui déplace le geste créatif.
Recherche, écriture, tournage et montage se déroulent simultanément. Le processus reflète la fluidité même de Joshua entre ses identités.